Grosse journée de route hier, mais on se lève tout de même aux aurores ce matin, à nouveau. Pourtant nous n’allons pas nous précipiter pour être les premiers à l’ouverture du site… Il y aura sans doute assez de monde sans nous.
Hier soir, à la fin du repas, nous avons à nouveau eu droit à une chorale des serveuses et serveurs. À nouveau un moment magnifique… C’est un vrai plaisir pour nous, mais, ce qui ne gâche vraiment rien, cela semble aussi un vrai plaisir pour les chanteuses et chanteurs.
À vol d’oiseau, nous devons être à environ 40 kilomètres du site de Sossusvlei depuis notre lodge. Mais nous sommes obligés de passer par Sesriem, comme tout le monde, afin de nous acquitter des droits d’entrées dans le parc. Ceci nous oblige donc à un supplément de 50 kilomètres, dont 16 sur la désormais tristement catastrophique C27. Heureusement depuis Sesriem jusqu’à 4 kilomètres de Sossusvlei, la route est nouvellement et magnifiquement asphaltée. Cela « gâche » un peu le côté aventure de l’endroit, mais est une nécessité absolue au vu du trafic « important » sur ce site. En fait, les autorités ont décidé d’asphalter cette piste, parce que les touristes l’élargissaient d’année en année : à chaque fois que la piste était en mauvais état, les conducteurs roulaient sur les bords, empiétant ainsi sur le désert. Un mètre de plus à gauche, un mètre de plus à droite, encore et encore, la piste a fini par doubler, tripler, quadrupler de largeur… D’où le besoin de canaliser le flux de véhicules sur un ruban noir, striant ce magnifique désert…

En quittant le lodge on passe à côté de trois ballons à air chaud, prêt à décoller pour un survol des dunes. On voulait faire cette expérience, mais le prix nous en a un peu dissuadé. De plus, le but aurait été de survoler les dunes, et pour cela il faut que le vent soit dans la bonne direction, ce que personne, évidement, ne peut garantir. Ce jour-là, les touristes auront eu de la chance, le vent les a poussé vers les dunes.

Avant de partir pour la Namibie, nous nous sommes posé longtemps la question si nous devions réserver nos places sur un tel vol. J’ai lu beaucoup de chose sur le sujet dans les blogs et il m’a été impossible de me faire une opinion claire sur le sujet. Beaucoup d’internautes s’annoncent déçus parce qu’ils n’ont pas survolé les dunes du Namib, alors que d’autres s’annoncent enchantés… En gros, c’est du 50-50 sur les opinions…
Ce que nous avons vu, c’est trois ballons qui ont décollé tout près de notre lodge et qui ont été poussés pile-poil en direction de Sossusvlei. Ils sont partis pratiquement en même temps que nous du site et nous avons pu les voir évoluer tout au long de notre trajet vers Sesriem et Sossusvlei. Cela paraissait génial et nous avons un peu regretté de ne pas avoir su profiter de cette chance… Pourtant, très vite, nous avons constaté que les trois ballons n’allaient pas survoler les dunes, mais faisaient du surplace juste devant. Ils ont changé d’altitude plusieurs fois, permettant ainsi certainement de voir l’immense étendue du désert et de ses dunes, de très haut à relativement bas. Mais à aucun moment, aucun des ballons ne s’est aventuré plus loin que le bord de la route d’accès que nous avons empruntée.
En y réfléchissant, cela nous a paru absolument logique : dans les dunes, il n’y a pas de route ou de piste. Il nous a paru impossible qu’un ballon aille se poser au milieu de celles-ci et qu’un véhicule, équipé d’une remorque pour la nacelle qui plus est, réussisse à aller le récupérer. Les ballons sont, à notre avis, obligés de poser dans un endroit accessible, afin d’assurer leur récupération. Cela dit, et pour les gens qui hésiteraient à faire ce vol et qui auraient les moyens de se le payer, la vue du Namib depuis l’endroit où les ballons ont fait du vol « stationnaire » devait être incroyablement belle.
L’organisation de l’entrée à Sesriem se fait en deux temps. Il y a un portail d’entrée, où le fonctionnaire prend nos coordonnées, puis nous devons nous arrêter, quelques centaines de mètres plus loin pour aller payer notre droit d’entrée à un guichet attenant à un restaurant. Je ne suis pas absolument persuadé que tout le monde s’arrête à ce guichet, nous n’avons pas été contrôlés durant la journée. Le contrôle se fait peut-être à la sortie du site, puisqu’à nouveau nous avons du donner nos coordonnées à ce moment-là… Il n’y avait pas de queue au guichet lorsque nous nous y sommes présentés, mais je peux croire qu’à certaines heures l’attente peut être relativement longue.
Une fois ces formalités terminées, nous empruntons enfin la route avec en point de mire les dunes de sable rouge. Très vite, nous voyons à notre gauche et à notre droite, les premières dunes dont les crêtes pointes vers nous et qui, à cette heure de la matinée, ont encore une face illuminée et une face à l’ombre, magnifiques images. Il y a du monde, si l’on compare avec ce que nous avons vécu jusqu’ici. Le site est clairement plus attractif que les sites que nous avons visités jusqu’ici. C’est un peu le Disneyland de la Namibie… On s’arrête pour profiter de faire quelques photos, puis on se dirige vers Sossusvlei.


En arrivant au parking, je constate qu’il y vraiment du monde. Les gens font la queue pour monter dans deux remorques tirées par un tracteur, qui les amèneront à travers la piste de sable mou jusqu’aux principales attractions que tout le monde veut voir : les dunes Big Mama et Big Daddy ainsi qu’au « lac » Dead Vlei. Jusque-là, nous avions prévu de jouer les timides en empruntant la navette, mais au vu du monde, je me suis dit que nous devions tenter de traverser la portion de sable par nos propres moyens. Et puis, j’avais assez envie de relever le challenge… Je n’ai pas laissé le temps à Chantal de réagir et je nous ai engagé dans les 4 kilomètres de sable rouge, tel un pilote du Dakar… Oui, sauf que quelques centaines de mètres plus loin, nous passons à côté d’une voiture ensablée et qu’au vu des réactions de notre véhicule, je n’étais de loin pas sûr de savoir éviter de l’imiter… Je l’avoue honteusement, nous ne nous sommes pas arrêtés pour l’aider, laissant ce soin aux autochtones qui, contre espèces sonnantes et trébuchantes, se font un malin plaisir à sortir les inconscients du pétrin dans lequel ils se sont mis… Bon, pendant ce temps, nous on avance : je me concentre à suivre les traces très visibles de véhicules qui nous ont précédé et à éviter les « bans » de sable trop hauts ou trop mous. Par endroit, il y a moins de sable et de la terre dure : je m’y précipite pour redonner de l’élan à notre brave 4×4 qui fait sont boulot à merveille. Lorsque ça glisse un peu trop, je me dis que je pourrai encore utiliser les « rampantes » et que cela devrait suffire pour ne pas rester planté. La « piste » est très large et nous permet aussi de choisir d’autres trajectoires que les quelques autres véhicules qui nous entourent. Il ne faudrait pas devoir s’arrêter derrière un véhicule qui s’ensablerait. Le truc ultime pour les « pilotes » touristes que nous sommes, c’est de ne jamais arrêter les roues. Le mouvement c’est l’assurance d’arriver au bout…
Enfin nous arrivons au bout des 4 kilomètres… Je me suis amusé comme un petit fou, mais j’ai tout de même le bas du dos affreusement moite… Ceci dit, pas de jubilation démesurée, il y a une bonne trentaine de 4×4 déjà parqués sur le site, je ne suis donc pas le seul à avoir réussi « l’exploit »…
Depuis le parking, se diriger vers les sites à voir est extrêmement facile… il suffit de suivre la foule… Ce sera vraiment l’endroit où nous aurons vu le plus de touristes avec le parc Etosha. Ceci dit, rien à voir avec l’Acropole d’Athènes ou le musée du Louvre à Paris. Mais cela fait tout de même tout drôle de voir autant de monde…


On s’équipe en eau, en chapeau et en crème et on s’attaque à la montée d’une des plus haute dune du monde, Big Daddy, avec la très ferme intention d’atteindre son sommet et de voir le Namib de tout en haut… Oui mais voilà, un pas en avant deux en arrière et un vent à écorner les rhinocéros ont eu raison de ma volonté… J’ai craqué à environ deux tiers de la montée : je l’avoue, à ma grande honte, je n’en pouvais plus… J’ai essayé de me raisonner, de me pousser vers le haut, sachant que le spectacle serait certainement grandiose et que je pourrais frimer à mon retour en me vantant de l’exploit… Mais non, c’était trop dur et je n’ai pas trouvé les ressources morales pour continuer… Lorsque Chantal m’a rejoint, elle voulait continuer et m’a poussé à le faire aussi… Rien n’y a fait, je n’ai pas voulu faire l’effort… Je lui ai dit de continuer sans moi, de me laisser mourir, seul, sur place, de partir et de ne pas se retourner, mais elle n’en a rien fait… Si elle n’a pas été jusqu’en haut, c’est pas solidarité avec moi…





La mort dans l’âme, mais, pour ma part, tout de même soulagé, nous avons plongé en direction de Dead Vlei qui se trouvait à nos pieds. Nous avons couru vers le bas de la dune, comme nous avions appris à le faire sur le sable de l’Etna en Sicile. Un grand moment de rire…

Dead Vlei, c’est donc un ancien marais qui ne voit plus d’eau depuis longtemps, très longtemps, très très longtemps… Avant l’assèchement, des acacias ont poussé. Aujourd’hui, le sol argileux est dure et « craquelé » de partout alors que les arbres sont mort et tellement sec qu’ils ne se décomposent plus. C’est un décors de désolation mais entre le rouge des dunes, le blanc du sol et le noir des arbres, quel spectacle… Nous faisons nos 500 photos quotidiennes…
DEAD VLEI, sans plus de commentaire










Mais il commence à faire chaud, très chaud et nous retournons tranquillement vers le parking. Avant de partir, nous faisons un petit pique-nique sous un acacia bien vivant. Un peu d’ombre et d’eau nous requinquent rapidement.

En prenant la piste de sable, je repère une jeep d’hôtel et je me met dans ses roues : il doit mieux connaître l’endroit et la technique de conduite que moi et pourra me servir de poisson-pilote pour nous sortir de ce « bourbier »… J’ai tout de même l’impression qu’il vise parfois les endroits les plus mous avec son véhicule mieux adapté que le nôtre, afin de tester mes aptitudes de pilote… je ne me laisse pas piéger et nous sortons vainqueur de cet enfer sablonneux… Chantal a été très crispée durant tout le trajet, moi je me suis bien amusé finalement… Youpee heeeee…
Avant de quitter définitivement la région, nous avons décidé de faire une visite du canyon de Sesriem. Ce n’est pas très grand, mais assez spectaculaire pour mériter le petit détour. Très profond, il y fait plus frais que dans le désert, ceci rendant la balade facile et agréable.
LE CANYON DE SESRIEM, impressions




On se rentre au lodge. Quelle magnifique journée, une de plus. Sossusvlei et le Namib sont certainement la région la plus visitée de la Namibie, avec Etosha. Mais ce n’est pas pour rien : c’est absolument splendide. Le site mériterait qu’on s’y arrête un poil plus longuement, pour s’enfoncer un peu plus dans le désert…

Ce soir, nous aurons droit à une tablée de 20 espagnols pendant le repas… C’était, hem, comment dire… moins calme que d’habitude… Nous les retrouverons d’ailleurs dans un lodge prochain…
Avant de dormir, je m’essaie à nouveau à la photographie de nuit et des étoiles… J’aurais vraiment besoin d’un expert au vu du résultat… Bon allez, pas de regrets inutiles et au lit, demain est un autre jour…


LES POINTS FORTS DE LA JOURNÉE
Ce fameux désert du Namib et le site de Sossusvlei : EXTRAORDINAIRE. Un petit coup de cœur supplémentaire pour la descente de la dune en courant ainsi que pour les 2×4 kilomètres de conduite dans le sable…
LES POINTS FAIBLES DE LA JOURNÉE
N’avoir pas atteint le sommet de la dune, restera une frustration à jamais… Ou en tout cas, jusqu’à que l’on y retourne… Et puis le repas du soir, dans un brouhaha « terrible », nous n’y étions pas habitués…
LA CARTE DE L’ITINERAIRE

LES DISTANCES
112 km de routes asphaltées
68 km de piste (dont 4 de sable façon Paris-Dakar…)
180 km de trajet total

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