C’est jeudi de l’Ascension, il fait beau, il serait dommage de trainer devant sa télé, malgré Roland-Garros…
On se prépare un petit pique-nique et départ vers le Jura, en empruntant le chemin de travers, du Val-de-Travers même… Nous entrons dans les paysages magnifiques du Jura suisse par la petite ville horlogère de Sainte-Croix pour arriver à la Brévine, village célèbre pour être situé dans une des régions les plus froide de la Suisse. C’est même marqué sur le panneau d’entrée du village : la Brévine, petite Sibérie de la Suisse… Les gens de la région sont tellement fiers de cette appellation, qu’ils en ont fait un festival, la Fête du Froid, qui se tient tous les ans au début du mois de février…
Attention, pour les puristes, la Brévine se trouve bien dans la région du Jura suisse, mais est rattachée au canton de Neuchâtel, je ne voudrais vexer personne…
Aujourd’hui, le soleil brille et la température est tout à fait agréable et nous décidons de nous arrêter au bord du lac des Taillères, à 2-3 kilomètres du village pour manger notre en-cas. On se trouve un banc face au lac et cassons gentiment la croûte… Le lac est très poissonneux, la pèche y étant interdite. Nous regardons quelques canards partir en plongée pendant au moins une vingtaine de seconde et ressortir quelques dizaines de mètres plus loin… Cela anime notre repas…
Lorsque l’hiver est vraiment froid, le lac gèle complétement et fait le bonheur des promeneurs et surtout des patineurs : qu’on se le dise, la région est aussi belle et animée en hiver…


Bon, nous remballons nos affaires et nous remettons en route pour le but du jour : les moulins souterrains du Col-des-Roches, situés à la sortie du Locle, juste quelques centaines de mètres avant la frontière franco-suisse.
Lorsque nous arrivons, le parking est vide et nous nous demandons si le site est vraiment ouvert… Oui, il l’est, mais nous serons dans un premier temps quasiment seuls pour la visite… A notre sortie, il y aura un monde fou, sur le parking en tout cas…

Une fois les billets achetés, gratuit pour les sociétaires de la banque Raiffeisen, et un audio-guide par personne reçu, il est compris dans le prix, départ pour la grande aventure…
Quelques explications sur ces fameux moulins s’imposent avant de descendre dans la grotte :
au XVIIe, la région était trop marécageuse pour y construire un moulin le long de la rivière Bied. Mais un moulin était nécessaire… L’idée est donc venue de profiter du courant de cette petite rivière au moment où elle disparaît dans l’emposieu du Col-des-Roches. C’est ainsi que le premier moulin fût construit dans la grotte. Plus tard, c’est jusqu’à 5 roues hydrauliques qui tourneront ensembles, pour actionner plusieurs moulins à grains, mais aussi pour actionner une scie pour débiter des billes de bois et pour faire de l’huile. Les moulins passeront par divers propriétaires qui moderniseront l’appareil de production et finiront par diminuer le nombre de roues à trois, pour finir par plus qu’une seule roue. La Municipalité du Locle finira par racheter le moulin au dernier propriétaire pour pouvoir assainir la région en canalisant la Bied. Les bâtiments du moulin seront transformés en abattoirs-frontière afin de contrôler l’état sanitaire des animaux arrivant de France et la grotte servira de dépotoir pour les produits carnés et les eaux usées…
Au début des années 70, des passionnés d’histoire et de spéléologie décide de nettoyer et de reconstituer partiellement le site. Après 15 ans de dur labeur, bénévole, le site est ouvert au public.

Voilà, très raccourci, pour l’histoire, il est grand temps de plonger dans le cœur de la bête. Attention, il faut prévoir une petite laine et de bonnes chaussures qui ne glissent pas trop, la température est de 7°C toute l’année et le climat y est particulièrement humide rendant le sol glissant…


Une fois passé la porte d’entrée de la grotte, il fait effectivement cru. Mais nous sommes tout de suite plongé dans une ambiance moyenâgeuse et n’avons pas beaucoup de mal à imaginer les conditions de travail difficiles que les ouvriers devaient trouver ici…



Nous descendons tranquillement, au rythme des stations « imposées » par l’audio-guide. Les explications sont assez détaillées et très intéressantes, permettant de comprendre et la technique et les différents besoins du moulin et de la période.



Les roues ont été installées sur toute la hauteur de la grotte, afin de pouvoir réutiliser plusieurs fois la force de l’eau. Malheureusement, seule une roue est encore visible, les autres n’ayant pas été reconstituées… La visite nous fait descendre jusqu’au fond, un peu moins de 30 mètres. Certains passages sont très étroits, à déconseiller aux larges d’épaules…



la balade aura duré un peu moins d’une heure, en prenant le temps de faire des photos et d’écouter toutes les explications. C’était très intéressant et nous pouvons conseiller cette sortie à tous : les adultes y apprennent plein de choses, les enfants découvrent un monde mystérieux…


A la sortie de la grotte, le musée montre aux visiteurs quelques objets et autres maquettes permettant de quitter le lieu en douceur… Dans les vitrines montrant des objets du quotidien ou expliquant des techniques, se « cachent » de petits « lutins » permettant sans doute de motiver les enfants à y jeter un œil… malin…




Le site se trouvant juste au-dessus du Douds, nous avons profité de rouler jusqu’au lac des Brenets. De là, partent des bateaux pour aller voir le Saut du Douds, jolie cascade et jolie balade en bateau en perspective. Mais finalement, nous n’avons pas prit le bateau, réservant cela à une autre sortie…
Nous avons donc pris la route pour rentrer, en passant par le chemin des écoliers pour profiter encore des magnifiques paysages du Jura… Le Locle, les Ponts-de-Martel et la plongée sur le lac de Neuchâtel… Comme nous avions du temps et que la météo était magnifique, nous nous sommes permis un arrêt au bord du plus grand lac entièrement suisse afin d’y déguster notre première petite glace de l’année…
