Notre agence nous a « oublié » deux lodges en réservant le programme que nous avions établi ensembles, je l’ai déjà écrit, et pour se faire pardonner, nous a offert deux safaris en compensation. Le premier, nous l’avons fait à Aus et il a été magnifique. Le deuxième, nous devons le faire ici, à Onguma… Nous avons donc réservé un Sundown Drive dans la réserve pour cette fin d’après-midi : nous nous réjouissons déjà, au vu des expériences que nous avons déjà faites à Aus et Ongava…
En attendant, nous devons occuper notre temps… Si proche d’Etosha, nous aurions tort de ne pas profiter d’y faire un saut, non ? Bien sûr que ce serait péché que de rester au bord d’une piscine, de toute façon trop froide pour pouvoir en profiter… Par contre, la fatigue se fait tout de même sentir et nous décidons de ne pas partir tôt, quitte à subir le cagnard de la mi-journée… Tant pis, nous mettrons la clim à fond, entre les points d’eau…
Après avoir bien profité du petit-déjeuner, nous remontons en chambre finir de nous préparer et pour organiser notre matériel. Prêt avant Chantal, je me pose sur notre balcon espérant voir quelques animaux. À part un héron gris qui monte la garde au milieu du plan d’eau et des calaos qui se nourrissent au sol, rien ne bouge. Ce n’est pas grave, on devrait faire le plein d’image à Etosha.


Mais… Mais… C’est une lionne qui arrive, en solitaire, vers notre gouille… Oui, c’est une lionne… « Chantaaaaaaal, laisse tout tomber et vient de suite me rejoindre… » ai-je crié doucement pour ne pas faire fuir l’animal… Je chope mon trépied, mon appareil photo et m’installe, pendant que Chantal vient me rejoindre… On reste là tous les deux, groggy, émerveillés… En bas le personnel et les quelques résidents aussi encore présents, arrêtent tout pour profiter du spectacle… WOUAW, encore une fois…

La lionne s’abreuve tout en observant les alentours, on la sent sur ses gardes. C’est dur, la vie dans la savane, il n’y a pas un instant de répit… Elle finit par s’en aller, tranquillement… Le tout aura duré un quart d’heure, un quart d’heure d’émerveillement pour nous… Nous ne le savons pas encore, mais nous la reverrons en fin d’après-midi… Mais ceci est une autre histoire…




Bon c’est pas tout ça, mais il est neuf heures et grand temps de se diriger vers Etosha. Nous entrons par la porte Von Lindequist et nous arrêtons au village de Namutoni pour acheter le permis et départ pour la recherche des animaux…
Dire que j’avais peur de ne pas en voir assez… Le premier point d’eau vers lequel nous nous arrêtons, est envahi par un troupeau de 16 girafes… Elles font la loi sur l’endroit, puisqu’aucun autre des ruminants présents, zèbres et koudous, n’osent s’approcher… Nous restons là trois-quarts d’heures à profiter de la magie… Chantal est aux anges, toutes ses girafes rien que pour elle… Elles commencent à se disperser lorsque nous décidons de partir vers d’autres aventures…




Sur notre route, nous croisons énormément de zèbres, une fois de plus squattant le milieu de la piste. Certains ne bougent même pas à notre passage, tranquilles…


Notre prochain point d’eau est très petit et au fond d’un trou, ce qui fait que nous n’apercevons pas l’eau. Il y a quelques impalas, mais surtout trois phacochères qui semblent trouver l’endroit à leur goût. Ils descendent dans le trou, puis remontent, tournent autour, bref, ils sont très mobiles, cela nous fait un peu d’animation…


Nous quittons ce nouveau point d’eau après un petit quart d’heure, pour le suivant… Et c’est notre jour de chance… Nous tombons sur un immense groupe d’éléphants… Ils sont une bonne vingtaine, placés en cercle près de l’eau, protégeant ainsi les plus jeunes et l’accès à la gouille… Tout autour, se trouvent des zèbres, des koudous, des springboks, des impalas… Tout ce petit monde aimerait aussi profiter de l’abreuvoir, mais les éléphants font bloc : interdit de s’approcher tant qu’ils ne seront pas rassasiés… Nous profitons de nouveau pendant trois-quarts d’heures, puis par petits groupes, en file indienne, certains éléphants commencent à quitter le lieu… Nous en faisons de même…







Une demi-heure plus tard, nous rejoignons un nouveau point d’eau… À nouveau, un groupe de 5-6 éléphants, tous adultes ou jeunes adultes cette fois, fait la loi en empêchant, zèbres, koudous, springboks, impalas, mais aussi, cette fois, des girafes de profiter de l’eau… Les gros lourdauds en profitent même pour se baigner, au grand dam de tout le reste de la faune présente… C’est beau d’être le plus fort dans la savane… Nous voyons les girafes hésiter, faire un pas en avant, deux en arrière, ne sachant si elles doivent rester et attendre ou partir tenter leur chance plus loin… Pour nous, c’est très drôle, pour elles certainement pas du tout… C’est à nouveau trois-quarts d’heures de photos et d’admiration…







Mais là, il est 14 heures et nous devons penser à rentrer à Onguma, si nous ne voulons pas rater le safari… Une grosse demi-heure plus tard, nous sommes rentrés et profitons de nous sustenter avec le pique-nique mis à notre disposition : toutes ses émotions, ça creuse…

Vers 16 heures 30, nous partons pour notre safari. Nous sommes 6 résidents dans le 4×4 qui a à nouveau 9 places… La réserve d’Onguma est un peu plus grande que celle d’Ongava, 34’000 hectares contre 30’000, tous les deux plus grands que le canton de Genève (28’200 hectares) tout de même, mais le terrain est beaucoup moins accidenté.
Nous roulons presque une heure sans apercevoir d’animaux… Et puis, le guide nous arrête près d’un palmier dans lequel se trouve un vautour… Le palmier n’est pas un arbre endémique à la région, mais la réserve en compte pourtant beaucoup. Ce sont les éléphants, principalement, qui amènent des graines dans leurs crottes depuis de lointaines contrées. Ces graines germent parfois et donnent « naissances » à des palmiers…

Quelques centaines de mètres plus loin, notre guide quitte la piste et nous dirige vers un bosquet… Il s’arrête à quelques mètres d’une lionne et de 4 petits âgés d’un mois et demi…. WOUAW… C’est en fait la lionne qui vient s’abreuver au lodge, je vous avais dit que nous la reverrions… Elle se tient couchée et bouge à peine à notre arrivée… Les petits font les « bobs » autour d’elle, essaient de téter, lui monte dessus… C’est top de chez top… La lionne finit par se lever et s’éloigne laissant ses petits seuls… Étrange… Le guide pense qu’elle a entendu ou senti quelque chose et est partie en reconnaissance… Sans doute reviendra-t-elle très vite…



Nous quittons aussi l’endroit, mais pour se retrouver quelques dizaines de mètres plus loin, en face d’un lion mâle, le papa des petits… Il nous évite en s’enfilant dans la broussaille… Notre guide fait marche arrière et nous ramène devant l’endroit où nous étions quelques minutes auparavant… Le lion arrive en même temps que nous et s’installe à une grosse dizaine de mètres, juste en face de notre véhicule… Le guide décide de manœuvrer pour nous mettre dans de bonnes conditions pour l’observer et le photographier. Ce faisant, il s’approche trop et nous voyons le lion se redresser en une seconde la gueule grande ouverte… Oups, cette fois notre dernière heure est arrivée… Non tout va bien, le guide recule rapidement et le lion se recouche… On l’a peut-être échappée belle, non ?

C’est un guide de la réserve d’Ongava qui nous l’avait expliqué : il est possible d’approcher de très, très près un lion… mais seulement si c’est lui qui l’a décidé… Si nous envahissons de trop près sa « sphère privée », il attaque… mais s’il le décide, il peut venir se poser à quelques mètres de nous, sans que nous ne risquions rien… Là, tout de suite, notre guide semble l’avoir oublié… Pas de mal, mais une grosse frayeur pour tout le monde dans le véhicule, nous ne nous attendions pas à cela…
Le calme est revenu, le lion nous garde à l’œil, mais se tient tranquille… Nous en profitons pour faire un maximum de photo, il est splendide…

Mais il est bientôt temps de faire mouvement, ce d’autant plus qu’un autre véhicule arrive et aimerait aussi profiter du spectacle. Nous laissons notre place et partons à la recherche d’autres animaux…
Nous passons près d’une outarde kori, l’un des oiseaux capables de voler les plus lourds au monde. Puis, nous voyons, pour compléter notre collection d’oiseau, quelques marabouts qui gogent dans une petite mare. Nous rajoutons ainsi quelques spécimens à notre bestiaire, cool…


On s’éloigne, le soleil commence à descendre dangereusement… Nous de devons pas rater notre apéro au coucher du soleil… Le guide nous amène vers un lieu dégagé, nous sort boissons et « petits fours » et nous regardons l’horizon rougir en partageant nos impressions…

Le crépuscule est là, lorsque nous retournons au lodge. Douche, souper et dodo, il n’y aura pas de belle surprise sur le plan d’eau ce soir. Demain, nous consacrons la journée à un selfdrive dans Etosha… Serons-nous de bons pisteurs ?
LES TEMPS FORTS DE LA JOURNÉE
Sans conteste la lionne du matin qui, si nous étions partis plus tôt, nous aurions ratée… Mais aussi Etosha, ses girafes et ses éléphants. Et enfin, la petite famille de lions au grand complet dans la réserve d’Onguma…
LES TEMPS FAIBLES DE LA JOURNÉE
Nous n’avons pas vu de félin dans Etosha, mais bon, il nous reste une journée et donc de l’espoir…
