Je crois que nous nous sommes réveillés avec toujours la banane au milieu du visage, tellement la journée de hier a été magnifique, je dirais même au-delà de nos espérances… Des girafes, des rhinocéros, des lions, des babouins, toutes sortes de gazelles, c’était fantastique, incroyable…
Ce matin, nous partons pour un safari guidé dans le parc d’Etosha. Mais avant cela, et pendant que nous prenions notre petit-déjeuner, un « petit » rhinocéros est venu s’abreuver au point d’eau de notre réserve… Il avait l’air très maladroit et pas très rassuré : il n’a pas fait de vieux os et est très vite retourné se cacher dans la savane…

Etosha, c’est le parc national de la Namibie qui fait aujourd’hui un peu plus de 22’000 km², soit un tout peu plus que la moitié de la Suisse (environ 41’000 km²). Il se compose d’un immense marais salant, un pan, vaste étendue plate et morte, provenant d’un ancien lac asséché depuis des milliers d’années. On dit qu’il est visible depuis l’espace… En tout cas, il a servi pour certaines scènes du film 2001 : l’odyssée de l’espace…
Mais ce qui intéresse les touristes que nous sommes, n’est pas ce pan, mais ses abords… En effet, c’est sur ses bordures ouest, sud et est, que nous allons pouvoir observer les animaux sauvages. Ces zones sont composées de savane ou de forêts de broussaille et d’arbres plus ou moins denses et de grandes prairies sèches traversées par tout un jeu de pistes. Mais surtout, on y trouve des points d’eau (waterholes) plus ou moins grands, naturels ou artificiels. Les animaux y vont régulièrement pour s’abreuver et la chance de les voir et de pouvoir les photographier est grande. Le parc étant fermé sur tout son pourtour les animaux sont obligés d’y rester, à part les éléphants qui, eux, n’ont pas l’habitude de se laisser embêter par de simples barrières…

Une carte indiquant les différents points d’eau est disponible sur le net ou directement dans le parc. De plus, ils sont plus ou moins bien indiqués le long des pistes par des bornes. Sinon, il suffit de suivre les autres voitures, et surtout les véhicules avec guides, vous finirez toujours par vous retrouver sur un point d’eau intéressant, ou pas…
Il est à noter que ces points d’eau étaient aussi répertoriés sur la carte de notre GPS.

Il est impossible de savoir quel animal se trouve à quel point d’eau, à quel moment. Il est donc bien de se poser un moment à côté d’un point d’eau, puis de bouger si rien ne s’y passe, pour aller vers un autre. Je ne sais pas si les touristes utilisent les réseaux sociaux pour s’informer les uns, les autres en direct, nous n’étions pas connectés. Une bonne solution serait aussi d’avoir une radio sur la fréquence des guides, ils s’échangent certainement de bonnes informations. Je reviendrai sur nos deux expériences en solo dans Etosha dans les chapitres suivants, mais pour l’instant nous sommes donc en route pour le parc dans un 4×4 avec guide, plein d’espoirs sur ce que nous allons découvrir…

Première étape : se présenter à une entrée du parc. Pour nous, ce sera la porte Anderson, juste à la sortie de la réserve d’Ongava, au sud-ouest d’Etosha. Là, des policiers et policières en uniforme militaire contrôlent les entrées et les sorties. Il faut dire que le parc est fermé à partir du coucher du soleil et que seul les gens qui logent dans le parc, camping ou lodge, ont le droit d’y rester. Tout le monde doit donc s’annoncer à l’entrée, y compris les touristes accompagnés d’un guide comme nous.
Il peut potentiellement avoir un peu d’attente devant ces portes, en fonction du monde qui s’y présente et de l’heure à laquelle on veut y rentrer. Patience, patience…
Il est possible d’entrer dans Etosha par une porte, mais d’en ressortir par une autre, ce qui permet de ne pas refaire le même trajet dans la journée, si cela n’est pas désiré. Nous utiliserons cette opportunité pour nous rendre de Ongava vers Onguma.
Deuxième étape : se présenter dans l’un des villages à l’intérieur du parc, à une sorte de bureau touristique, pour y acheter un permis journalier indispensable pour avoir le droit de visiter. Ce permis, vous est demandé à la sortie, donc pas de fraude, ou il y a un fort risque d’amende… Autant aux portes qu’au bureau des permis, nous avons eu à faire à des gens très gentils, mais très fonctionnaires aussi… Je doute qu’ils aient un sens de l’humour très développé envers les tricheurs… Notre guide nous a donc arrêtés dans le village d’Okaukuejo pour aller s’acquitter de nos droits. Il devait y avoir du monde au guichet, il a fait relativement long…
Troisième étape : en route pour les points d’eau à la recherche des animaux… La vitesse est limitée à 60 km/h dans tout le parc… et notre guide ne doit plus avoir beaucoup de points sur son permis… il roule très, très lentement, même dans des endroits où il n’y a rien à voir… Nous sommes tellement impatients de tout voir, que nous serions assez pour qu’il donne un coup de gaz de temps à autre… En tout cas, nous nous faisons dépasser par beaucoup de voiture. Il y a du monde dans le parc, c’est certainement l’endroit le plus visité de la Namibie…
Soudain, il s’arrête pour nous montrer une hyène brune qui court au loin. C’est la première de notre voyage. Ce n’est pas l’animal le plus sympathique de tous, mais on le rajoute volontiers à notre bestiaire en formation…


Plus loin, ce sont des dizaines de zèbres qui se dirigent vers un point d’eau. Puis ici et là, des springboks et des gnous… Tous ces animaux, peuvent être très proches de nous et sont tellement habitués à nous voir leur tourner autour qu’ils restent relativement tranquilles à notre passage. Les zèbres sont même souvent en plein milieu des pistes et ne se bougent que très tranquillement lorsque nous nous approchons d’eux.

Attention, il est formellement interdit et dangereux, évidement, de sortir de son véhicule, sauf à quelques endroits équipés de toilettes. Il faut ainsi bien s’organiser avant d’entrer dans le parc, pour avoir tout son matériel (eau, victuailles, appareils photos…) à porter de main…


Enfin, nous atteignons notre premier point d’eau et voyons arriver et partir des dizaines et des dizaines d’animaux. Comme au point d’eau de notre lodge, tout est plus ou moins hiérarchisé et cela provoque parfois de petites frictions entre espèces, ce qui anime un peu le spectacle. C’est absolument magnifique et nous sommes une fois de plus très proches de « l’action »…


Nous allons ainsi passer toute la matinée dans Etosha, passant d’un point d’eau à l’autre en faisant une boucle pour revenir un peu avant midi vers la porte Anderson pour ressortir. Bilan de cette première visite du parc : des centaines de zèbres, de gnous et de springboks, des autruches, des bubales, des écureuils de terre, divers oiseaux, des oryx, des koudous, une mangouste et une hyène brune… Il ne nous est pas permis de parler de déception, tous ces animaux sont magnifiques, mais nous avions tout de même l’espoir, après le feu d’artifice de hier, de voir l’un ou l’autre membre du big five…





Il y a partout des ruminants en quantité astronomique, mais nous avons un peu peur que les autres, relativement sous-représentés, ne soit que difficilement visibles… Comme je ne suis pas un grand optimiste de nature, je crains déjà le pire pour les prochains jours… M’enfin ne tirons pas de plan négatif sur la comète et apprécions déjà ce que nous avons vu jusqu’ici…







Nous retournons donc, au rythme de sénateur imposé par notre guide, à notre lodge. Nous faisons nos adieux à l’endroit et aux gens présents dans le lounge, puisque nous partons directement vers l’Ongava Tented Camp pour notre prochaine étape. C’est dommage, on était bien dans ce lodge et j’aurais bien aimé retourner dans le « bunker » pour regarder encore un moment les animaux de près…
Le camp suivant se trouve à une trentaine de kilomètres de notre lodge actuel et nous nous y dirigeons tranquillement en ouvrant les yeux, espérant voir plein d’animaux sur notre chemin. Nous n’en verrons pas, si ce n’est les restes d’un squelette de girafe que je m’empresse de photographier en sortant de notre véhicule, au grand désarroi de Chantal… Oui, je l’avoue, en effet, ce n’est pas très prudent… Un lion est si vite arrivé…

Nous arrivons au lodge un peu plus tard et prenons nos quartiers. Nous logerons dans une grande « tente » posée sur un sol en bois, avec la savane en face de nous. Le lodge est plus rustique que le précédent, mais tout de même assez agréable. À côté de la partie commune, Il y a une petite piscine que Chantal n’essaiera même pas et, juste devant un petit plan d’eau.
On nous propose de prendre le lunch de « midi » et pendant le repas, nous verrons des cobes à croissant, des babouins et … deux girafes, dont l’une viendra à nouveau se mettre en face de nous pour boire… Pas besoin d’aller chercher les animaux dans Etosha, ils viennent à nous… Le spectacle est à nouveau magnifique.




On nous met à nouveau en garde, de ne pas traverser le camp sans accompagnant, surtout la nuit. Nous avons effectivement constaté que le groupe de babouins que nous venons de voir au point d’eau, était venu de derrière le lodge et avait allégrement traversé, de part en part, le camp. Nous les entendrons d’ailleurs plusieurs fois « hurler » pas très loin de nous.
À propos du bruit : je pensais que la savane pouvait être bruyante et que nous allions entendre beaucoup de cris d’animaux. Malheureusement, cela a été tout le contraire pour nous… À part les babouins dans le Ongava Tented Camp, quelques rugissements de lion au loin une fois, des « chants » de geckos à la tombée du jour au Kulala Lodge, quelques hurlements de hyènes un soir au Onguma Lodge, nous n’avons pratiquement entendu aucun autre son… Les animaux savent se faire très discrets…
Notre repas fini, nous filons nous équipé pour le safari de fin d’après-midi. Nous serons seuls, Chantal et moi, avec le guide… Celui-ci nous demande ce que nous désirons voir. Je le chauffe un petit peu en lui expliquant que son collègue du camp d’à côté, avait placé la barre très haute… Comme nous n’avons pas encore vu d’éléphant, nous lui demandons s’il pense pouvoir en trouver dans la réserve… Comme tous les guides, il ne promet pas que nous en voyions, mais qu’il ferait tout son possible…
Et c’est parti pour un safari sur les chapeaux de roues… En effet contrairement à son collègue de hier, notre guide du jour, conduit à toute vitesse. On se fait un peu secouer dans tous les sens, et on rigole beaucoup. Au bout d’un long moment, je commence à me dire que nous avons fait une erreur en le challengeant : en roulant si vite, nous n’apercevons pas d’animaux et il n’a pas l’air décidé à faire beaucoup d’arrêt.
Pourtant, soudain, il commence à ralentir et à scruter le sol, à la recherche de trace d’animaux… De temps à autre, il s’arrête pour nous montrer, ici des traces de gazelles, là des traces de babouins… Puis, le graal du jour, des traces d’éléphants… Là, il prend le temps de nous expliquer comment on sait dans quelle direction marche l’éléphant, plus ou moins à quelle vitesse il se déplace et tout ce qu’il faut savoir pour être un bon pisteur… Il prend aussi le temps de nous expliquer, comment on différencie les crottes d’un rhinocéros blanc, d’un noir ou d’un éléphant… C’était extra…
Mais bon, toujours pas d’éléphant, en vrai, dans notre escarcelle… Pas d’autre animal non plus d’ailleurs… Et puis… une girafe… toute seule dans son coin… Enfin un animal, à se mettre sous les pupilles… Il était temps…

Nous repartons après quelques photos. Nous sommes maintenant dans une zone très forestière, avec beaucoup d’arbres et de broussailles, rendant notre recherche d’animaux difficile. Je suis de plus en plus septique sur nos chances de voir des éléphants et je regrette un peu de n’avoir pas fait un safari plus conventionnel, sur un terrain plus accessible où nous aurions vu plus d’animaux… Et c’est alors que j’allais demander à notre guide s’il était possible de quitter l’endroit que le miracle s’est produit…
Là-bas, à quelques dizaines de mètres, un éléphant, seul et un peu caché, se nourrit paisiblement dans les arbres… Nous retenons notre souffle, et restons relativement pétrifiés… Notre guide manoeuvre pour essayer de nous mettre dans les meilleures positions pour pouvoir faire des photos, mais ce n’est pas facile. La piste est bordée d’arbres et nous ne pouvons pas vraiment la quitter. Qu’a cela ne tienne, nous voyons un éléphant en totale liberté, tout près de nous, c’est déjà incroyable…


Il finit par s’enfoncer dans la forêt et nous reprenons notre route… Quelques kilomètres plus loin, ce sont trois éléphants que nous voyons dans les mêmes conditions… Ils avancent en parallèle de la piste, à un assez bon rythme, qui nous oblige à bouger souvent. Le guide essaye même de s’enfoncer dans la forêt, en forçant un peu le passage, mais sans vraiment de succès… Il pense qu’ils vont finir, eux aussi, par trop s’enfoncer dans la forêt. Pourtant, nous remarquons bientôt, qu’au contraire, ils se rapprochent de la piste… Le guide nous dit alors qu’ils vont traverser… Nous sommes à leur hauteur, à quelques mètres d’eux, lorsque le premier traverse effectivement devant nous et s’éloigne le long de la piste… Nous ne bougeons pas, ceci afin de ne pas nous trouver pris en sandwich entre les éléphants… Effectivement, un deuxième éléphant traverse à nouveau. Celui-là, ne suit pas la piste mais pénètre dans la forêt et commence à détruire les arbres autour de lui…




Le guide aimerait que le troisième traverse aussi, afin de pouvoir suivre la troupe, les deux premiers s’éloignent maintenant rapidement… Il ne semble pas du tout décidé… Et puis, il sort, vraiment tout proche de nous… Nous retenons notre souffle et ne sommes pas vraiment sûr que le guide s’attendait à le voir de si près… Mais tout se passe très bien… Il nous ignore et continue son chemin…Nous le suivons un bout de piste, avant qu’il ne bifurque et ne s’éloigne définitivement… WOUAW, une rencontre extraordinaire de plus à mettre dans nos souvenirs…




Il est grand temps de rentrer. Mais avant de rejoindre le lodge, nous avons droit à notre apéro au coucher du soleil, il faut toujours maintenir les bonnes traditions…

Arrivé au lodge, nous nous séparons de notre guide, tout en lui demandant de bien vouloir nous accompagner le lendemain matin pour d’autres aventures… Je lui demande de bien vouloir patienter 5 minutes avant de partir… Je lui avais promis une photo de lui nous présentant le fameux « bush cake », une crotte de rhinocéros en fait… Je lui sors les deux photos que j’avais faites de lui sur ma petite imprimante et les lui donne. Il se réjouit de pouvoir les montrer à sa femme… Et moi je suis content d’avoir, cette fois, pensé à utiliser l’imprimante…


Après la douche, que je prends dehors, la température étant suffisante, nous nous rendons au souper… sans escorte… Le repas ne sera pas le meilleur de notre séjour, mais bon tout de même. Lorsque nous voulons rentrer à notre tente, une des serveuses nous demande d’attendre la personne qui doit nous raccompagner… Nous attendons un long moment, mais personne ne vient… Elle finit par nous accompagner elle-même… Je lui fais tout de même la remarque, que lorsqu’elle nous aura mis en sécurité, elle devra faire le chemin du retour, seule, sans accompagnant et même sans arme… Dure métier qu’elle fait là… Elle rigole et nous dit qu’elle a l’habitude et même pas peur…
Nous nous endormons en rêvant aux images que nous avons eues ces derniers jours, notre sourire banane ne veut plus s’effacer…
LES POINTS FORTS DU JOUR
Notre première visite dans Etosha, même si nous n’y avons pas vu les animaux les plus spectaculaires et nos premiers éléphants lors du safari du soir.
LES POINTS FAIBLES DU JOUR
Un tout, tout petit bémol pour le souper, qui n’était pas aussi parfait que d’habitude… Mais là, je chipote, juste pour chipoter…
