Encore une grosse journée de route devant nous, ce matin. Nous partons rejoindre le Damaraland, dernière étape avant les réserves à animaux…
Nous quittons Swakopmund, non sans avoir fait le plein, par la route côtière. Nous longeons ainsi pendant un peu plus de 80 kilomètres l’océan atlantique et ses plages de sables interminables… Non, ne fantasmez pas, l’eau est paraît-il très froide et infestée de requins… Nous n’avons pas pris la peine d’essayer, d’autant plus qu’il fait un temps misérable ce matin : très frais, beaucoup de vent et un ciel de plomb…
La route est une route de sel : on n’a pas compris si le revêtement est vraiment à base de sel ou si c’est l’eau salé de l’océan qui crée une croute de sel… Toujours est-il que, humide, elle est relativement glissante et il vaut mieux être prudent et ne pas devoir freiner brusquement. Des travaux sont en cours pour faire ou refaire cette route, qui devrait être totalement rectiligne une fois terminée.
À hauteur de Henties Bay, nous quittons le bord de l’océan pour nous enfoncer dans les terres. Plus haut se trouve la Skeleton Coast, région où de nombreux bateaux et baleines se sont échoués laissant leur squelette sur les plages. Nous n’irons pas voir cela, le temps nous manque.
Nous quittons donc notre route de sel, pour une piste de sable. Pour la première fois, nous pensons à mesure la distance avant le premier virage… 19 kilomètres, nous ferons 19 kilomètres avant de devoir légèrement tourner sur la droite… Quand je vous disais que le préposé au route de la Namibie n’aimais pas les virages…

Nous longeons pendant encore un long moment un désert de sable avec beaucoup de monticules herbeux et quelques dunes. Tout est gris ce matin, sans doute à cause du ciel. Mais plus nous avançons, plus le ciel se dégage, laissant bientôt enfin place au soleil. L’humidité de la côte n’arrive pas à supplanter la sécheresse du pays. Les paysages changent aussi, le sable « de plage » disparaît pour laisser place à de la terre.

Au loin, nous apercevons le massif du Brandberg, massif montagneux dans lequel se trouve le plus haut sommet de la Namibie, le Königstein culminant à 2573 mètres au-dessus de la mer. Le massif est magnifique, nous allons nous en approcher puis le contourner.



Lors d’un arrêt photo, nous rencontrons 4 jeunes qui se filment par drone et qui marquent leur territoire en taguant dans notre cas des tonneaux servant de poubelles. Je suis partagé sur ce genre de touristes qui laissent des traces aussi indélébiles pour, sans doute, se montrer sur un ou des réseaux sociaux… Tant que cela se fait sur des poubelles, à la bonheur, mais rien ne nous dit qu’ils se contentent de cela… (L)art(d) ou cochon tel est la question…
Soudain, en court de route, nous faisons fuir une horde d’autruches, effrayées par notre passage. Nous n’en n’avions pas encore vu autant à la fois. C’est rigolo et nous nous arrêtons encore une fois pour les observer. Aïe, une fois de plus notre moyenne horaire va en souffrir…



Plus loin encore, ce sont quelques vaches qui cherchent à se nourrir en bord de route… clic, clac, encore une ou deux photos…

Nous quittons bientôt la C35, pour la D2612, qui va nous éviter un grand détour et qui s’avèrera une magnifique piste. On s’arrête de-ci, de-là pour faire des photos et notamment pour notre premier panneau ATTENTION ÉLÉPHANT… mmmh, ça commence à sentir les gros animaux sauvages, ouvrons les yeux…

Au moment de reprendre notre route, je remarque une charrette tirée par 4 ânes sur notre piste. Des adultes et des enfants, beaucoup de monde sur cet attelage… Je me permets de prendre quelques photos volées… Une fois arrivé à notre hauteur, la charrette s’arrête et son « conducteur », bonnet rasta rivé sur la tête, engage la conversation. D’où on vient, qu’est-ce qu’on visite, sommes-nous content du séjour… toutes les questions y passent. En rapport au fameux panneau, je lui demande s’il y a vraiment des éléphants dans le coin. Il me dit que son frère en a vu quelques uns dans le lit d’une rivière à 2-3 kilomètres d’ici, sur notre route et le matin même… Je note qu’il faudra que nous essayons de jeter un coup d’œil. Il me demande si nous n’aurions pas quelques bonbons pour ses enfants… Pris de court, on cherche dans nos sacs et trouvons quelques chocolats et autres bonbons… Nous n’avions pas prévu cela…
Le pire dans cette histoire : j’ai exprès acheté une mini-imprimante qui permet de sortir des photos instantanées d’un téléphone mobile pour ce genre d’occasion. Sous le coup de l’émotion de cette belle rencontre, je n’ai même pas pensé à la sortir pour leur offrir un petit souvenir… la honte TOTALE…
Nous nous quittons après cette brève rencontre, en nous souhaitant mutuellement le meilleur…

Nous franchissons bientôt le fameux lit de la rivière, asséchée évidement, juste au pied d’un petit village. Nous le remontons, ou le descendons d’ailleurs… impossible de savoir, sur 1-2 kilomètres, puis laissons la voiture pour grimper sur une petite colline pour essayer de voir si il y a encore des éléphants dans le coin. Nous ne voyons rien, ni n’entendons aucun bruit. Par contre, dans l’autre direction, la « rivière » traverse une petite forêt d’arbustes et d’arbres très dense. Je me dis que peut-être, les éléphants se tiennent par là-bas pour se nourrir. Contre l’avis de Chantal, je nous engage sur un chemin qui longe cette « haie ». Le chemin est très sablonneux et je me concentre pour ne pas nous ensablé, ce serait bête en cas de charge d’un éléphant… Soudain, devant nous se trouve des babouins : à notre vue, ils s’enfuient dans la « haie » et disparaissent de notre vue… C’était furtif mais à nouveau, voir de tels animaux en total liberté, c’est tout de même une jolie émotion…

Bon, c’est vrai que nous sommes un peu vulnérable sur ce chemin et que nous voyons pas assez loin, pour ne pas être sûr de surprendre un ou plusieurs éléphants. Et nous savons qu’un animal surpris peut être dangereux. Je me range à l’avis de Chantal et manœuvre pour faire demi-tour. Ce n’est pas encore aujourd’hui que nous verrons des éléphants…



Nous continuons notre chemin sur cette magnifique piste qu’est la D2612 pour rejoindre notre lodge. Dans la toute première version de notre voyage, nous aurions du dormir dans le lodge Camp Kipwe, qui nous avait paru magnifique. Les bungalows sont adossés à des rochers, très intégrés dans le paysage, on se réjouissait. Malheureusement, tout était réservé lorsque notre agence a pris contact avec eux… Plus d’une année à l’avance, nous étions passablement dégoutés… Du coups, l’agence nous a placé dans le lodge Doro Nawas, sorte de fort posé sur une colline et entouré de ses bungalows. Franchement au premiers abords, cela n’avait pas du tout le même charme…


Finalement, on y a été très bien. Le premier soir, tous les hôtes ont été emmenés dans la savane pour un souper au lueur de bougies. Une immense table, tout en longueur, avec d’un côté un buffet, un poil pas assez copieux mais délicieux et de l’autre, une multitudes de bougies posées dans des sacs en papier kraft : l’effet était magique…

Chantal avait discuté avec une anglaise d’un certain âge, qui parlait très bien le français, en fin d’après-midi, au bord de la piscine. Nous avons mangé à côté d’elle et de son mari, ainsi qu’un autre couple d’anglais. C’était très sympa…
Une fois rentré dans notre bungalow, nous avons mis en pratique un petit plus qu’offrait le lieu : le lit étant sur roulette et la terrasse tellement grande que nous l’avons sorti pour essayer de dormir à la belle étoile. Expérience vraiment sympa que de se retrouver dans son lit sans toit au-dessus de la tête… Bien sûr, on pense tout de même aux potentiels serpents, araignées et autres animaux sympathiques, mais bon, si les gens du coin nous disent que c’est sans danger… On s’endort assez vite, mais nous réveillons vers minuit avec les oreilles et le bout du nez gelé… On rentre le lit, refermons la porte-fenêtre et repartons dans les bras de Morphée… Dommage, 4 à 5 degrés en plus et cela aurait été super…

LES POINTS FORTS DE LA JOURNÉE
Une fois la côte quittée et le soleil revenu, la C15 et surtout la D2612 se sont avérées des pistes magnifiques, offrant des panoramas splendides. La furtive, mais au combien précieuse, rencontre avec la famille namibienne sera un des petits temps forts de notre voyage.
LES POINTS FAIBLES DE LA JOURNÉE
Nous n’avons toujours pas vu d’éléphant… et cela doit être le premier jour durant lequel nous n’avons pas vu d’oryx…
LA CARTE DE L’ITINERAIRE

LES DISTANCES
85 km de routes de sel
268 km de piste
353 km de trajet total
7 heures 20 de trajet
48 km / heure de moyenne
