Si hier nous avons fait la plus longue étape de notre périple, aujourd’hui nous ferons la plus courte. Moins de 200 kilomètres pour rejoindre le canyon de la rivière Fish, avec de plus une grosse portion de route asphaltée, c’est les vacances quoi…
La soirée de hier nous a permis de faire un bon repas, tout simple mais bon, dans le restaurant de notre hôtel. Si et l’hôtel et le restaurant, faisait très « cheap », la table doit être relativement réputée puisqu’il y avait plus de locaux que de touristes. Nous avons d’ailleurs « partagé » notre table avec un couple du coin. Comme il ne restait plus d’autres places de libres quand ils sont arrivés, je leur ai proposé de s’assoir vers nous. On n’a même pas été foutus de communiquer avec eux. Ils n’en ont pas manifesté le besoin, mais nous n’avons pas su provoqué la rencontre… Une occasion de perdu…
Ce matin pas de stress donc, aucune obligation d’horaire ne nous est imposée. Après le petit déjeuner pris seuls, tous les autres clients étaient déjà partis semble-t-il, nous allons en ville faire des achats d’eau et de victuailles. Nous laissons la voiture dans le parking de l’hôtel, il y a des magasins dans la rue à côté. C’est en revenant que nous nous faisons accoster pas un type tout pas net. Il essaye de nous soutirer quelques pièces, nous passons tout droit, je n’ai pas trop envie de batailler avec lui. Il n’avait pas l’air bien méchant, mais on n’est sûr de rien et nous avons préféré accélérer le pas. Il ne nous a pas suivi dans le parking de l’hôtel. On quitte l’hôtel définitivement, faisons le plein avant de sortir de la ville et zou, en route pour le deuxième plus grand canyon du monde.
Nous logerons sur le côté Ouest du canyon et hésitons à aller voir, en passant, le coté Est. Mais cela représenterait relativement beaucoup de kilomètres supplémentaires et nous abandonnons finalement le projet. Funeste décision, j’ai l’impression que la vue du côté Est aurait été encore plus spectaculaire… Mais bon, il ne faut pas regretter ce que l’on n’a pas fait, mais apprécier ce que l’on a fait…
Les 74 premiers kilomètres se font sur la B4, parfaitement asphaltée. C’est, comme toutes les routes et les pistes de Namibie, une succession de longues lignes droites et de quelques virages qui nous rapprochent du canyon. Le ciel est sombre et chargé et nous prendrons même un peu de pluie (!!!), genre crachin irlandais, mais très, très fin. Comme quoi, même en saison sèche, il est possible qu’il pleuve… Ou serions-nous assez maudits pour attirer le mauvais temps ?

Nous avons longuement longé une voie de chemin de fer, que nous finirons même par traverser. On ne peut pas dire que le degré d’utilisation de cette voie ferrée soit intensif, nous ne verrons aucun train ce jour-là. D’ailleurs, nous ne verrons aucun train en circulation sur aucune des voies que nous longerons ou croiserons. Le train n’est pas un élément très actif en Namibie.

Sur notre route, nous voyons de bizarres montagnes et nous arrêtons pour faire quelques photos, nous avons vraiment le temps. Plus loin, nous traversons le lit de la rivière Fish, celle qui va plus loin s’ouvrir un chemin monstrueux dans la plaine. Il reste un tout petit peu d’eau formant des gouilles, mais elle ne coule pas. Difficile de s’imaginer qu’il puisse y avoir eu assez de courant il y a des siècles (millénaires ?) pour façonner le canyon que nous allons découvrir…



Après la traversée de la rivière Fish, la B4 traverse des paysages montagneux avec des montées et des descentes vertigineuses pour un pays presque plat. Attention, c’est pas un col des Alpes suisses, mais notre Toyota sent bien la différence tout de même. Le manque d’habitude sans doute…

Nous finissons par quitter cette belle route asphaltée pour obliquer vers le Sud sur la D463. Nous retrouvons une piste de sable et de gravier, pratiquement toujours en très bon état. Soudain, nous apercevons un oryx tout près de nous, en bord de route. Hop on sort tout doucement de la voiture, on pourrait l’avoir en gros plan s’il ne s’enfuit pas. Contre toute attente, non seulement il ne s’enfuit pas, mais, au contraire il s’approche et cherche le contact… Je m’approche à 1 mètre de lui… Bon, on est chacun d’un côté de la barrière, mais il est toujours là… Et même qu’il commence à essayer de démonter la barrière à l’aide de ses impressionnantes cornes… Je pourrais le toucher, mais je garde tout de même ce mètre qui nous sépare. Impossible de savoir s’il voulait nous encorner ou faire ami-ami avec nous. On décide de partir avant qu’il ne finisse par réussir à arracher la barrière et qu’il nous démontre ses intentions de plus près… Courageux mais pas téméraires…



La D463 nous dirige vers notre but du jour au travers d’une immense plaine bordée de montagnes. Nous voyons au loin se dessiner les « contreforts » du canyon. Les paysages sont vides, une vrai désolation, mais l’ensemble est magnifique. Tout est sec, très sec…



Et puis, surgi de nulle part, un Kokerboom, tout seul au milieu de ce désert… Juste après, nous apercevons de la couleur sur un sol jusqu’ici uniformément gris… Des plantes ont fleuri dans un rien infini… Comme quoi la nature trouve toujours son chemin…


En plus, nous apercevons des « énormes » bêtes sombres, que nous qualifions dans un premier temps, méchamment, de cafards… On se rendra compte plus tard que ce sont en fait des grillons, le grillon blindé ou acanthoplus discoidalis de son nom scientifique. Belle bête d’environ 5 cm de long ; on est pas habitué à voir des insectes aussi gros que cela… On le rajoute à notre bestiaire photographique…


Après 84 kilomètres, nous arrivons à l’entrée de la réserve qui abrite notre Lodge. Entrée magistral pour un trajet de 20 kilomètres qui le sera beaucoup moins. Les pistes « publiques » en Namibie font facilement 20 mètres de large en général, voir encore plus parfois. Là, on rentre sur une piste de la largeur de notre véhicule, impossible de croiser la plupart du temps, et nous roulons parfois entre des pierres entassées et acérées. Il s’agit d’être extrêmement attentif et pour les pneus et pour la carrosserie. Nous roulons pratiquement toute la distance à 20 km/h… On a le temps de profiter du paysage…



Et puis on voit un panneau tout bizarre sur le bord de la piste : attention avion… Et bien oui, nous traversons un piste bien préparée, plane, à côté de laquelle se trouve une manche à air. Tout cela pour nous rappeler que l’avion est un moyen très pratique pour voyager en Namibie. Nous ne savons pas si beaucoup de transports indigènes, de gens et de marchandises, se font à l’aide de ce moyen mais nous avons pu constater qu’il y a pas mal de touristes qui visitent la Namibie ainsi. À chacun ses moyens, évidement… Au passage, notre Lodge est même équipé d’un héliport… N’oublions pas qu’Angélina Jolie est venue accoucher en Namibie, c’est donc une destination potentiellement très « people »…


Nous arrivons en début d’après-midi à notre Lodge et donc au bord du canyon. Nous ne voyons cet immense faille qu’au tout dernier moment, la piste monte légèrement pour atteindre le bord. Le Lodge est magnifiquement placé, vraiment tout au bord du gouffre… Nous avons une vue magnifique… Par contre, le canyon est extrêmement large à cet endroit et ça ne correspond pas au image visible la plupart du temps sur le net. Nous ne verrons pas d’ici, par exemple, le fameux et impressionnant méandre visible sur toutes les photos publicitaires ou de touristes.



Qu’à cela ne tienne, nous prenons possession de notre chambre et nous équipons pour partir en randonnée. Il fait frais et la jolie piscine ne servira, une fois de plus, que de décoration. Nous allons d’ailleurs subir nos températures les plus basses de nos vacances, avec pour les deux nuits que nous passerons au bord du Fish River, une estimation de 2 à 3 degrés maximum et énormément de vent. C’est en fait une tempête qui vient de l’Antarctique qui nous tombe dessus… Et oui, dans cet hémisphère, plus on va vers le Sud plus on se rapproche du froid… Nous aurons de bonnes couvertures et recevrons sur demande une bouillote pour la nuit, mais le matin, quel calvaire pour sortir du lit…

Mais tout de suite, le vent frais ne nous empêche pas d’aller profiter des points de vue proches de nous. Nous devons avoir de bonnes têtes, puisque le chien de l’hôtel décide, spontanément, de nous accompagner. Peut-être a-t-il peur que nous nous perdions… En tout cas, il fera une bonne moitié du chemin à nos côtés, avant que sa concentration ne soit dissipée par la vue de damans dans les rochers. Là son instinct de chasseur lui fera perdre le fil de la promenade. Nous continuerons sans lui et le retrouverons affalé devant l’entrée principale du Lodge à notre rentrée… Pas sûr que sa chasse ait été fructueuse…




Un petit sentier, bien dessiné, nous amène à plusieurs endroits au bord du canyon, nous permettant de voir une partie de son immensité. Même si on me l’a expliqué cent fois, je n’arrive toujours pas à comprendre comment une rivière arrive à créer un tel spectacle. Nous en avons le souffle coupé… On fera une jolie balade d’une heure, une heure et demie, juste pour profiter de l’immensité.




De retour à notre chambre, le soleil est en train de tomber. Je profite de l’occasion pour faire quelques photos de couché de soleil. Cette nuit après le souper, j’essaierai même de faire des photos d’étoiles. Le résultat ne sera malheureusement pas du tout à la hauteur de mes espoirs. Je ne maîtrise pas du tout cette technique et il fait tellement froid que je ne suis pas motivé à tester cela trop longtemps.




Notre souper se passera juste à côté d’un braséro crachant des flammes à tout va. On aura bien chaud pour profiter d’un excellent repas. La délicieuse soupe en entrée, sera pour une fois pleinement justifiée… Vers la fin du repas, une des serveuses sort de la cuisine en tapant sur un tam-tam, aussitôt suivie par tout le staff… Ils s’alignent et se mettent à chanter… C’était tout simplement magnifique… J’ai lu quelque part que la Namibie avait une tradition de chorale, héritée des Allemands. Lors de cette lecture, je ne me suis pas fait une image de chants traditionnels, mais plutôt de chants religieux, très « européens ». Et là, nous avons droit à des chants africains, à plusieurs voix. C’était vraiment splendide… Un grand moment pour nous…
Après mes essais de photos de nuit avortés, on se couche sans vraiment savoir le programme de demain… Le vent a encore forci et c’est une vraie tempête que nous subissons tout au long de la nuit. Nous verrons si elle s’apaise un tant soi peu au matin. Si non, nous pourrions avoir des soucis pour approcher le canyon…
LES POINTS FORTS DE LA JOURNÉE
La D463 est une très belle piste qui traverse des paysages magnifiques. En plus, on a vraiment eu le temps de profiter, faisant de multiples arrêts sans avoir toujours le chronomètre dans la tête.
LE POINTS FAIBLE DE LA JOURNÉE
Un temps très mitigé en début de journée, qui heureusement s’est ouvert dans l’après-midi. La tempête nocturne nous a fait craindre le pire pour notre logement, et a installé un froid de canard au petit matin. Nous sommes loin de tout dans notre lodge et n’avons pas la possibilité de longer le canyon en voiture : nous ne le verrons donc qu’à pied et donc une très petite portion.
LA CARTE DE L’ITINÉRAIRE

LES DISTANCES
74 km de routes asphaltées
104 km de pistes
178 km de trajet total
3 heures 45 de trajet
47 km / heure de moyenne
