jour Dix-huit

Il y a quelques petites années, en mangeant dans un restaurant de notre région, nous avions eu la chance de commander, par hasard, un Merlot des Grisons, de la commune de Malans pour être précis. C’était notre premier contact avec du vin des Grisons et il avait été tout à fait concluant.

Comme souvent dans ces cas-là, nous avons pris les coordonnées du vigneron et j’ai ensuite passé commande par internet. Ils sont tellement habitués à vendre du Pinot dans les Grisons que le vigneron m’en a envoyé un carton à la place de mon Merlot. Je l’ai tout de même gardé, mais il n’avait pas la saveur du vin que j’avais commandé. Rassurez-vous, j’ai tout de même fini par recevoir ma commande. Lorsque nous avons planifié ce voyage, j’ai émis l’idée qu’il serait sympa de passer pour en acheter à nouveau. La fin de notre voyage passera donc par la commune de Malans.

Comme c’est presque le temps des vendanges et que nous voulions être sûr de trouver quelqu’un dans la cave, j’ai contrôlé sur internet s’il y avait des indications. Horreur, dans le shop virtuel, je ne trouve plus le fameux Merlot… Erreur du Webdesigner ou rupture de stock, je me permets d’écrire un petit mail. La réponse est triste comme un matin d’hiver sans croissant, ils ont abandonné la production de Merlot rouge, au profit d’un Merlot blanc et du sacro-saint Pinot Noir. Mince, on aurait su cela, nous n’aurions pas organisé le détour… On ne voulait pas de Pinot et on ne boit pas de blanc, donc nous ne passerons pas chez eux, cela évitera de les déranger pour rien. Dommage pour nous…

L’avantage, c’est qu’on peut prendre le temps de Poschiavo à Bad Ragaz, notre destination pour la nuit, nous n’avons plus d’impératif horaire. C’est très bien, car nous faisons le col de la Bernina et il y a de beaux paysages à voir. Le temps très gris n’est pas avec nous, mais nous ferons avec.

Nous faisons un premier arrêt au sommet du col et nous promenons dans les pâturages pour voir d’un peu plus près le glacier qui semble s’écouler dans le lac.

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le glacier qui s’écoule vers la vallée
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la route qui descend dans la vallée de la Bernina

Nous allons ensuite prendre un téléphérique, le Diavolezza, qui nous mène avec tout un car de Japonais à 2’973 mètres d’altitude. C’est un peu l’hiver là en haut, il y a neigé la semaine d’avant. Nous faisons face à une multitude de glaciers et aux sommets parmi les plus hauts des Grisons. Malheureusement, de gros nuages ne veulent pas décrocher et nous cachent les cimes. Nous nous installons dans le restaurant pour nous réchauffer devant un thé et attendre une éventuelle éclaircie. Elle ne viendra que partiellement et nous finirons par redescendre sans avoir pu vraiment voir les cimes correctement.

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le restaurant-dortoir de la Diavolezza
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les glaciers en face du restaurant
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le glacier qui s’écoule en contre-bas du restaurant, il y a des gens dessus… vous les voyez?
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les voici vu avec le zoom… sans doute des cours pour savoir comment réagir sur un glacier
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il faudrait des gens dessus pour se rendre compte de l’immensité
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difficile de croire qu’ils sont en train de disparaître
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mieux vaut ne pas se trouver dessous
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les sommets sont couverts de glaciers
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cela donne des images magnifiques
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dommage que le soleil ne soit pas avec nous
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une toute petite éclaircie
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deux trains vus depuis le téléphérique pendant la descente

La route est encore longue, mais nous ne pouvons nous empêcher de nous arrêter ici et là, soit pour la vue sur des glaciers, soit pour la vue sur le train rhétique. On fait un peu une fixette, mais c’est tellement beau. D’ailleurs, partout où nous nous arrêtons, nous faisons toujours des émules, puisque presque à chaque fois des voitures et des motos s’arrêtent aussi.

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une dernière photo des trains

Sur le trajet, nous passons à côté de Saint-Moritz, une des stations les plus huppées de Suisse, puis longeons un bout du lac de Silvaplana pour enfin couper vers le col du Julier, qui se chargera de nous ramener vers la plaine et sa civilisation. La route du Julier est longue mais belle et je scrute une dernière fois les sommets dans l’espoir d’y voir des animaux. Peine perdue, même en s’arrêtant nous n’apercevons aucun mouvement dans la montagne.

On passe par Albula, pile-poil entre Thusis et Bergün nos deux villes symboles des trains rhétiques et atteignons Coire, la capitale du canton et son autoroute. Il est déjà tard dans l’après-midi, nous décidons donc définitivement de ne pas faire d’arrêt viticole, ni à Malans, ni ailleurs et nous dirigeons vers notre hôtel à Bad Ragaz, choisi car possédant une piscine chauffée et des bains thermaux.

Pfff, c’est ce qui s’appelle finir en queue de poisson : la piscine était glaciale, ils n’avaient plus de couverture nocturne pour la garder chaude et les bains thermaux n’était pas dans l’hôtel mais dans le village. Le cœur n’y était plus, surtout chez Chantal souffrant d’un coup de blues de fin de vacances. Nous nous sommes préparés tranquillement pour le souper.

Le lendemain, le jour Dix-neuf, après le petit-déjeuner et quelques achats en ville, de la bonne viande des Grisons et du pain aux fruits, nous avons pris l’autoroute et sommes rentrés chez nous en droite ligne.

 

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