jour Dix-sept

Il est malheureusement déjà temps de quitter les bords du lac de Garde pour nous en retourner vers la Suisse.

Nous faisons nos adieux à notre joli hôtel et partons vers le Sud direction Brescia. Depuis hier, j’ai un caillou coincé dans un pneu et le tac tac incessant qu’il provoque est un peu énervant. J’ai oublié de l’enlever en arrivant de notre randonnée et ce matin je n’y ai plus pensé non plus. Les bords de route ne permettent pas de s’arrêter n’importe où et le trafic important me pousse à continuer : je dois de toute façon faire le plein, je l’enlèverai à ce moment-là.

Environ 60 kilomètres plus tard, je m’arrête à une station et pendant que le pompiste me fait le plein, et oui ils « servent » encore l’essence là-bas, je cherche ce satané caillou… En fait de caillou, il s’agit d’un boulon, même pas d’un clou, qui est venu se planter dans mon pneu. Transpercé, mais avec une crevaison lente grâce au fait que le boulon a plus ou moins colmaté le trou…

Oui, mais bon… Le préposé à la pompe est un gars super souriant, mais il ne parle pas autre chose que l’italien et moi, à part buongiorno et grazie… Je lui parle donc la langue des signes en lui montrant ce qui dépasse de mon pneu, et c’est assez expressif pour qu’il comprenne. Il me prend par le coude pour m’amener au bord de la route, et me montre une voiture blanche en me faisant comprendre que je devais suivre la même route, puis à la « seconda strada sinistra » il y aurait quelqu’un pour m’aider. Ce qui est bien avec l’italien, c’est qu’il y a suffisamment de mots proches du français ou connus à force d’être entendus qu’on comprend toujours un petit quelque chose. Et puis, il faut dire qu’ensuite, l’enseigne Yokohama était bien visible aussi…

Je recommence mon langage des signes pour expliquer au vendeur de pneus mon problème. Il comprend tout aussi vite que le pompiste quelques minutes plus tôt, je deviens fort en langue des signes, et me fait amener ma voiture dans son atelier. Je me disais super, il a même la taille de pneu nécessaire. Eh non, mon petit monsieur, un trou comme cela se répare de nos jours et ça je ne le savais pas. Il commence par arracher le boulon du pneu, ce qui a pour effet de le dégonfler complètement. Il prend ensuite un espèce de poinçon avec un chat au bout, le faisant ressembler à une aiguille à coudre. Il enfile un espèce de fil en caoutchouc, de 5 à 8 millimètres de diamètre pour une vingtaine de centimètres de long, et le badigeonne de ce que je suppose être de la colle. Il enfile ensuite ce fil à l’aide de son poinçon dans le trou et tire en arrière d’un coup sec son outil. Le morceau de caoutchouc reste dans le trou, l’obstruant définitivement. « Come nuovo » me dit-il devant mes yeux éberlués. Il attend 2 à 3 minutes, coupe à ras le pneu ce qui dépasse, le regonfle et me demande 10 Euros… Toujours mourir le soir, afin d’avoir encore appris quelque chose dans la journée : eh bien j’aurais appris aujourd’hui qu’un trou dans un pneu cela se bouche.

Le problème résolu à bon compte, on repart direction Brescia, puis remontons vers le Nord en direction du lac d’Iseo que nous longeons côté est. Chantal a déjà noté que cette région sera à visiter lors de vacances futures. Nous sommes dans une vallée plus ou moins parallèle à celle que nous avons descendu pour nous rendre au lac de Garde. Bormio et le Stelvio sont grosso modo juste au-dessus de nous. Mais à Tirano, nous traversons la frontière et nous revoilà en Suisse. Tirano ? mais si, souvenez-vous, c’est la ville terminus pour le train rhétique que nous avons pris quelques jours plus tôt.

Tout ça pour ça me direz vous. En fait, il y a une raison logique à ce passage : le virage hélicoïdale de Brusio. Le fameux virage à 360° que fait le train et que nous aimerions voir de plus près à pied. On arrive à Brusio et il y a déjà un photographe sur place. Décidément cette voie attire les curieux. Nous faisons des photos et il s’adresse à nous en français : il vient de la région où je travaille. C’est un vrai passionné des trains et du rhétique en particuliers. Il consacre tout ou partie de ces vacances à courir après la ou les photos improbables qui viendront garnir ses albums.

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le virage hélicoïdale de Brusio

On papote et on ne voit pas le temps passer. Un train descend et se présente sur le virage. On peut ainsi profiter de le prendre, cela animera les photos. En plus c’est cool, il ne passe pas à fond les manettes.

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le train rhétique descendant vers l’Italie
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le virage est collé au village de Brusio
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vue depuis l’intérieur du cercle

On prend congé de notre collègue photographe amateur et remontons le col en direction de Poschiavo, où nous passerons la nuit. Nous dormons du coup dans la partie italophone des Grisons. Au restaurant, la serveuse ne parle même pas l’allemand. Peut-être qu’elle était italienne, mais ce n’est pas sûr. Canton fascinant tout de même avec ses trois langues. Il a la forme de la Suisse, regroupe trois langue sur quatre, c’est un peu une Suisse miniature…

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le lac de Poschiavo
17 poschiavo VII
les deux moyens de transports symboliques des Grisons
17 poschiavo VIII
la maison communale de Poschiavo

 

 

 

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