La gorge de Viamala et le Traversiner Steg
Après la journée de train de hier, nous avons besoin de nous dégourdir les jambes. Nous descendons en direction de Thusis en voiture depuis Andeer. Près d’un camping en bord de route, juste avant un pont en pierre, se trouve le départ d’un chemin pédestre descendant la vallée, à nouveau le long d’un cours d’eau. Nous nous y engageons avec pour but d’aller voir le passage le plus étroit, et un magnifique pont suspendu que nous avons aperçu depuis la route. Sans doute une dizaine de kilomètres aller-retour, mais on n’a plus peur de rien…

C’est une jolie balade en pente douce, avec de-ci, de-là des franchissement de la rivière sur des ponts. L’eau a comme toujours son beau gris-bleu.


Nous nous trouvons un moment, en-dessous de la semi-autoroute qui mène au San-Bernardino, mais la gorge est suffisamment profonde et la rivière suffisamment bruyante pour couvrir le bruit du trafic.

Après une demi-heure, trois quarts d’heure de marche, nous arrivons au premier point d’intérêt de cette balade : la gorge de Viamala. Comme beaucoup de chose aux Grisons, malheureusement, l’accès au fond de la gorge est payant. Nous décidons de descendre malgré tout, le spectacle depuis en haut, nous incite à voir cela de plus près. 321 marches pour s’approcher du fond et de la rivière. Des panneaux dans la descente relatent, en allemand, des anecdotes sur la vie mouvementée de ce passage. Aujourd’hui, la route permet de franchir ce goulet sans risque, mais en lisant ces histoires, on se rend compte que cela n’a pas toujours été le cas. Mythes ou histoires réelles, difficile de faire la différence, mais cela égaille la descente ou nous donne une excuse pour reprendre son souffle dans la montée… La visite est très jolie et justifie le paiement de l’entrée.








Cette gorge est vraiment spectaculaire. Attention pour ceux qui arrivent en voiture, il y a juste quelques places à disposition sur le site, puis quelques places « sauvages » plus loin le long de la route. C’est un chouïa compliqué avec le trafic qu’il y a, de ne pas se trouver embouteillé…
Déjà, nous partons vers le deuxième but de la journée : le pont suspendu Traversiner Steg. C’est un pont tout à fait original puisque c’est en fait un escalier suspendu. Long de 56 mètres et d’une hauteur de 22 mètres, il permet de franchir un dénivelé de 70 mètres. Voilà qui n’est pas banal. Bon c’est pas tout ça, mais en plus il faut le traverser…







Voilà, nous avons atteint nos deux buts de cette belle journée. On se rentre tranquillement par le même chemin : nous n’avons pas eu le courage de faire une boucle pourtant possible, mais avec une grosse montée en perspective, et nous allons nous plonger dans les bains thermaux de Andeer.
C’est extra après tous ces efforts… Mais à peine dans la piscine, que nous voilà entouré de nuages noirs, des éclairs déchirent le ciel : c’est subitement un peu l’Apocalypse… On nous demande gentiment de rentrer dans la piscine intérieur, on n’est jamais trop prudent… Ce serait dommage de prendre un coup de jus du ciel… Justement, un éclair a su viser mieux que les autres : toutes les lumières de la vallée s’éteignent… Plus d’électricité… C’est ennuyeux pour le chauffage de la piscine, mais surtout, pour les restaurants et leurs futurs clients : c’est quasiment l’heure du souper… Le cuisinier de notre hôtel nous confirmera avoir déjà élaboré un plan B pendant l’interruption pour restaurer ses clients, il faut savoir être réactif… Heureusement, après quelque chose comme trois quarts d’heure, tout reviendra à la normal. À la sortie des bains, nous recevrons, chacun, un bon de réduction de 20% pour la prochaine entrée, en guise de dédommagement pour le désagrément : nous les donnerons à l’hôtel, il y a peu de chance que nous ne revenions dans les prochaines années. S’ils sont sympas, ils pourront en faire profiter l’un ou l’autre de leurs clients.
Quelle belle journée, une de plus…
