Le Trutg Dil Flem
Réveil tranquille mais avec quelques courbatures. Heureusement que la ballade de hier était annoncée facile… Aujourd’hui, le programme est fait pour mon esprit fainéant : on monte en cabine sur la montagne en face de nous et on redescend à pied en longeant la rivière. La randonnée s’appelle Trutg Dil Flem. Le mot Flem pourrait être mal compris : il n’a rien à voir avec notre mot flemme et on va s’en rendre compte tout au long de notre périple… En fait cela signifie : le chemin de l’eau Flem, Flem étant le nom du ruisseau.
Pour bien commencer la journée, on a fait un faux départ : depuis l’hôtel on part en voiture vers la télécabine pour logiquement y trouver un parking… Saison d’été ou fibre écologique des gens du coin, le parking on l’a jamais trouvé… On ramène la voiture à l’hôtel et on descend vers le départ… à pied : c’est un excellent échauffement et ça nous permet de bien sentir nos courbatures…
Bon j’arrête de me plaindre. On prend une de ces magnifiques cabines et nous voilà au deux tiers de la hauteur de la montagne. Le panorama sur la vallée est évidement fantastique. On a le choix entre le grand tour ou le tour disons… normal. Pour le grand tour, il faut monter encore un bon bout mais à pied… Ouarf, le tour normal c’est bien aussi pour nous, non ?… Alors au lieu de monter, nous longeons le flanc de la montagne dans les pâturages jusqu’à la rivière. Nous avons perdu quelques centaines de mètres de descente, par rapport à la totale, mais cela n’est pas vraiment grave pour deux raisons : la première étant qu’on ne saura jamais ce que nous avons raté et la deuxième étant que la portion que nous allons découvrir a été déjà sensationnelle.



Nous franchissons une première fois la rivière par un très large pont, qui permet, en hiver, aux dameuses de passer et certainement aux skieurs de rejoindre des pistes. Dans la même direction, mais sur des trajets pratiquement toujours séparés, se trouve un piste de VTT rejoignant Flims. Les adeptes de ces descentes vertigineuses, équipés comme Mad Max, s’en donnent à cœur joie.
Un fois le pont franchi, nous piquons tout droit vers le bas en longeant cette rivière étroite et qui à ce moment-là n’a pas l’air de grand chose. Nous croisons des randonneurs qui eux montent ce même chemin… Pfff, ils ne nous font même pas envie…

La pente sait être abrupt, mais nous sommes dans des champs et sur des sentiers à vaches. La randonnée est donc praticable pour toute personne capable de marcher, en ayant les jambes solides. Le sentier colle au plus proche de la rivière, zigzaguant rive gauche et rive droite au gré du relief et permettant aux architectes du parcours de développer leur imagination pour construire des ponts originaux.






La rivière, par endroit, et très souvent, devient torrent, se frayant un passage dans les rochers et forgeant un gorge parfois très étroite. Comme lors de notre randonnée de hier dans le Felsbachschlucht, le bruit est souvent assourdissant. Mais soudain la gorge s’élargit, le calme revient pour, quelques mètres plus tard, repartir de plus belle.



Nous profitons d’un moment de « calme » pour faire une pose sur de larges rochers lissés par des milliers d’années de passage de l’eau et pour, après nous être déchaussés, tester la température de l’eau: je confirme, c’est de l’eau de glacier… Je l’estime à 6 à 8 degrés, maximum 10 pour être vraiment généreux. Y Mettre les pieds, provoque au départ du bien être car nous avons déjà bien marché, mais très vite, le froid nous fait mal… Nous restons environ une demi-heure tranquille puis, reprenant notre bâton de pèlerin, nous nous remettons en route. Nous ne nous lassons pas du spectacle varié qui s’offre à nous. C’est bête, finalement ce n’est que de l’eau qui coule, mais qu’est-ce que c’est beau et impressionnant…


Malheureusement, en arrivant vers le bas, le lit de la rivière s’élargit suffisamment pour que l’intérêt s’estompe. Évidemment, la fatigue aidant, l’enthousiasme diminue et le trajet devient plus monotone. Nous quittons même le bord du cours d’eau pour nous retrouver sur un chemin forestier qui nous a paru interminable. Comme le jour précédent, les derniers kilomètres ont été difficiles, mais les premiers les compensent largement. En plus, nous avons eu beaucoup plus de chance avec le temps, le soleil nous ayant accompagné tout du long.


La descente totale a duré environ 5 heures, arrêts compris, pour environ 8 kilomètres. Nos jambes ont à nouveau souffert, surtout à cause de la pente, très raide par endroit. Le jeu en valait pourtant la chandelle, c’était magnifique. En arrivant à l’hôtel, Chantal avait bien mérité sa piscine.
