Les lacs Cauma et Cresta, Il Spir et le Felsbachschlucht
Sérieux, j’avais demandé à Chantal de nous organiser des vacances à la cool : pas de stress et peu d’efforts… Mais bon les Grisons, c’est la montagne, du coup les efforts…
Après un excellent et copieux petit-déjeuner, nous nous équipons de nos appareils photos, d’un petit sac-à-dos… mais, mais pourquoi mettre des chaussures de marche… Ah, une ballade vers le lac Cauma puis, seulement si nous sommes en forme, nous irons voir le point de vue Il Spir Conn sur les gorges du Rhin et enfin nous finirons la boucle par un passage au lac Cresta. Une petite ballade facile…
Le lac Cauma se trouve juste derrière Flims Waldhaus, à environ un petit kilomètre de notre hôtel. Cool, c’est tout plat jusqu’à ce que nous arrivions au-dessus du lac… qui est dans un trou environ 400 mètres plus bas, première surprise… Deuxième surprise, on a le choix entre un petit funiculaire automatique et gratuit ou un petit sentier pédestre pour rejoindre le lac. Nous descendons à pied, faut pas déconner… L’eau du lac est magnifique vue depuis en haut : vert caraïbe, c’est pas souvent en Suisse.


Troisième surprise, et pas la meilleure : une des rives du lac est aménagée, tip-top en ordre, avec buvette, vestiaire, chaises-longues, plates-formes bronzage sur l’eau et tout le toutim. Rien à redire, vu de dehors c’est propre, bien rangé, très à la Suisse, quoi… Mais du coup, la baignade est payante et le côté sauvage du lac de montagne en prend pour son grade…


Il y a quelques personnes qui se baignent mais, nous aurons l’occasion de mettre discrètement la main dans l’eau, elle est froide. Nous ne sommes pas là pour nous baigner, et nous nous contenterons de faire le tour quasi complet, soit moins de 2 kilomètres.
Nous remontons la pente, pour nous diriger vers le fameux point de vue sur les gorges du Rhin : Il Spir, le martinet en français, l’oiseau hein, pas l’autre… La montée est en pente douce et donc agréable. Une fois en haut nous commençons à descendre gentiment, dans la forêt, longeant des pâturages à notre gauche et bientôt la fameuse gorge du Rhin (Rheinschlucht, ça se dit là-bas…). Le chemin est parfaitement aménagé et très bien indiqué. Les paysages qui nous entourent sont magnifiques.

Nous arrivons à ce fameux point de vue, situé non loin d’un restaurant (tout est fait pour accueillir le touriste de la meilleure façon possible…). Là encore, ce n’est pas juste un point de vue depuis le bord d’une falaise, mais bel et bien une structure en métal et en bois qui s’avance au-dessus du vide, permettant au commun des mortels de se sentir comme un aigle, ou un martinet dans ce cas, sur son piton rocheux… Le tout tremble lorsque les gens montent les escaliers… Mes genoux aussi… un peu…

La vue est vraiment spectaculaire et vaut le détour. Nous surplombons le Rhin et un méandre incroyable. La vallée se trouve quelques centaines de mètres plus bas, le tout est impressionnant.



Nous descendons de ce pic artificiel, pour ma part pas loin d’être soulagé et continuons notre bonhomme de chemin vers le lac Cresta. C’est inquiétant comme le chemin prend, irrémédiablement, une pente descendante…

En chemin, nous rencontrons un magnifique papillon, seul « animal » sauvage de la journée, ainsi qu’une fontaine tout à fait originale : nous constaterons très vite que l’eau ne manque pas dans ce coin de pays et que les Grisons sont un canton du bois.


Enfin, après une longue descente, nous voyons le lac Cresta. Beaucoup plus sauvage que celui de Cauma, la baignade y est malgré tout payante… Drôle de pays qui s’autorise à monnayer la nature… Le site n’en reste pas moins magnifique et nous regrettons de n’avoir pas prévu de pic-nique, il nous aurait donné une excuse pour nous y attarder.


Bon, c’est pas tout ça, mais il va falloir penser à rentrer, je dirais même, malheureusement, à remonter. Nous suivons le sentier, qui nous mène quelques dizaines de mètres plus haut à nouveau vers un restaurant. Il surplombe le lac et offre même la possibilité de recharger des vélos électriques… La région sait décidément recevoir… Devant nous se pose un choix cornélien : primo, aller chercher un arrêt de bus à 15 minutes d’ici pour rejoindre tranquillement Flims; deuxio, remonter la vallée par un chemin carrossable et atteindre Flims en 1 heure; et tertio, prendre un itinéraire au milieu qui passe par une petite gorge, la Felsbachschlucht, et qui nous mènera aussi à Flims en 1 heure. Perso, la solution du bus me paraît assez sympathique, mais… non… Le chemin carrossable nous paraît potentiellement ennuyeux, nous choisissons donc la gorge (Schlucht veut donc dire gorge en allemand). Ce choix du au hasard s’avérera judicieux et douloureux à la fois. Le spectacle offert par la gorge est de toute beauté, mais une fois sortie de celle-ci, la montée sera longue, mais longue…



C’est sur les rotules que nous arrivons en toute fin d’après-midi à l’hôtel… Au total, notre balade aura été d’un peu plus de 12 kilomètres avec un dénivelé positif estimé à 400-500 mètres… Pour des marcheurs du dimanche, l’effort aura été pénible… Chantal, malgré un temps très couvert qui d’ailleurs nous aura accompagné toute la journée et une température un peu fraîche, profitera encore de la piscine, extérieure mais chauffée, de l’hôtel.
